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Soldes fins de séries (remix)
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Annales
Petite histoire de la bande dessinée "indépendante"
Aujourd'hui, le "mélange et la confusion des genres", déjà décrits en 1981 par Bruno Lecigne, sont plus présents que jamais. Les "avant-gardes soft" (modèle répugnant d'oxymore) font florès. Elles ne sont, le plus souvent, que des versions digestes et bancables des radicalités indépendantes, que le public et la presse « spécialisée » confondent trop facilement avec les productions véritablement audacieuses des indépendants historiques. Ces sous-produits « de qualité » envahissent les rayons, mangeant le maigre espace qu’on avait bien voulu faire à nos productions. La bande dessinée indépendante ou dite « de création » est devenue un segment du marché comme un autre, à saisir. Face aux moyens de l’adversaire, deux stratégies sont à la portée des indépendants historiques : céder le terrain à l’adversaire pour en défricher d’autres (vers la littérature et l’art contemporain) ou prendre le maquis au sein du microcosme.
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June 1993
Historiquement, en Belgique du moins, le phénomène indépendant
apparaît, dans ses prémisses, dans les années '70, avec la revue Le 9e
Rêve (avec notamment Sokal, Schuiten, De Spiegeller, Renard, Andreas,
Berthet... Le 9e Rêve a connu une renaissance tardive, en 2006). Dans une certaine mesure, on peut sans-doute considérer la
revue Métal Hurlant comme un premier avatar de revue indépendante, mais
il s'agit d'un autre chapitre de la petite histoire de la bande
dessinée (lire à ce propos Avanies et Mascarades, de Bruno Lecigne,
chez Futuropolis, 1981). Sous l'influence de Michel Ceder, alors professeur d'histoire de l'art et d'analyse sémiotique à St-Luc, qui trouvait Le 9e Rêve trop consensuel, fut créé Vanille-Framboise, en 1979, avec notamment Christian Staquet, Jacques Faton... Il y eut ensuite un voyage scolaire, organisé par St-Luc dans le Madrid de la Movida, qui permit la découverte des revues Madriz et Medios Revueltos (où officiaient les auteurs Raúl et Del Barrio, notamment. Lire à ce propos les entretiens de Raúl et Pierre Polomé), préfigurations de ce qui allait se faire, dans les années suivantes, en Belgique, avec la revue Moka. Dans l'ordre, il y eut donc, à Bruxelles, Le 9e Rêve, Vanille-Framboise, (et à quelques mois d'intervalles seulement) Moka, Frigo-Production, Moule-Fritte, puis la Cinquième Couche. Hôtel Métropole ne devint jamais un groupe. Moka devait renaître, en 1994, sous le titre Pelure Amère, sous la direction d'Alain Corbel et Eric Lambé. Simultanément, un groupe d'auteurs français publiait, chez Futuropolis, Labo, qui allait devenir Lapin. Ceux-là n'en étaient pas à leur coup d'essai : depuis le lycée, certains Jean-Christophe Menu et Lewis Trondheim publiaient des fascicules en bande dessinée. Labo et Lapin sont les avatars des Lynx et Lynx-à-Tif qui les avaient précédés. En janvier 1994 paraissait également le premier numéro de Ego Comme X, avec des élèves de l'école des beaux-arts d'Angoulême. Depuis toujours paraissent des revues photocopiées, sérigraphiées... très mal diffusées, dans ce qu'on appelle communément le mouvement "underground". Entre les mouvements "indépendant" et "underground", on peut placer des publications aussi différentes que Hécatombe (Witko, Ptomaël, Toshy, Jürg..., 1995) et Le dernier Cri (Paquito Bolino, Stéphane Blanquet...) Ces "pionniers" ont été rejoints par bien d'autres au cours des années qui ont suivi, parmi lesquels on peut citer Employé du Moi, 6 Pieds sous Terre, Les Requins Marteaux, Mycose, Terre Noire, etc. avant que le mainstream se décide à prendre d'assaut le train en marche (cf. Plates-Bandes, de J-C Menu, à L'Association, 2006). Aujourd'hui, le "mélange et la confusion des genres", déjà décrits en 1981 par Bruno Lecigne, sont plus présents que jamais. Les "avant-gardes soft" (modèle répugnant d'oxymore) font florès. Elles ne sont, le plus souvent, que des versions digestes et bancables des radicalités indépendantes, que le public et la presse «spécialisée» confondent trop facilement avec les productions véritablement audacieuses des indépendants historiques. Ces sous-produits « de qualité » envahissent les rayons, mangeant le maigre espace qu’on avait bien voulu faire à nos productions. La bande dessinée indépendante ou dite « de création » est devenue un segment du marché comme un autre, à saisir. Face aux moyens de l’adversaire, deux stratégies sont à la portée des indépendants historiques : céder le terrain à l’adversaire pour en défricher d’autres (vers la littérature et l’art contemporain) ou prendre le maquis au sein du microcosme. Elles ne sont pas incompatibles. (Voir aussi le chapitre VII de notre Histoire de la bande dessinée) |
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