la Cinquième Couche
bande dessinée, graphisme, art plastique, littérature, théâtre et bien d'autres
Dernière parution
18 Juin 2010
Soldes fins de séries (remix)
Collectif, Marc Borgers
À paraître
Sylvain Paris
Mathieu Bourrillon
Dominique Van den Bergh
Renaud De Heyn
Sophia Lipburger
Benoît Henken, Marianne Kirch
Catalogue / Hors Collection
Clair Soleil
17 X 24 cm, 48 pages, bichromie, 18 €
isbn : 2-930356-16-7, 2005

Parution: 01 Octobre 2005
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Ils entrent, la grand mère ouvre les volets, la lumière entre dans l’appartement. Arrive la fin du repas, l’heure où il faut aller se coucher.

La nuit se passe seul. Et ça fait peur ! On rêve mais en même temps pas tout à fait. Jocko finit par rejoindre la chambre de sa grand-mère.

Elle dort, il y a une certaine douceur. C’est Jocko qui dort encore ce matin où elle vient lui dire bonjour ou aurevoir. Les vagues au loin font une écume régulière jusque loin à l’horizon. On nettoie, on part, les volets sont clos vus de dehors.

Des dessins de mémoire d’un appartement familial à la mer du Nord des années 50 (“Clair Soleil, 128 digue de mer) face aux dessins du même après sa rénovation, face à ses dessins revécus, qui se rassemblent autour de l’évocation d’une vieille dame.

Il y a un enfant avec une cagoule. Ils ont des lampes de poche parce que le courant est coupé, que l’ascenseur ne marche pas et qu’il faut monter les escaliers à pied.
«Clair Soleil» raconte une journée qui est une somme de toutes les journées d’enfants à la mer, avec l’arrivée à l’appartement, la procédure du coucher, la nuit et ses peurs, l’épiphanie du matin.

Au commencement, c’était des dessins d’un appartement famillial à la mer du Nord datant des années 50, après sa rénovation en 2004. Très vite, des dessins revécus sont apparus et se sont rassemblés autour de l’évocation d’une vieille dame.

J’aime reluquer les dessins au crayon de Beuys. Ils sont pour pour moi le reflet d’une liberté que je cherche dans mes propres dessins au crayon. Et non seulement Beuys m’interpelle mais chaque exemple de « trait vrai », ou de ce que je crois déceler comme tel. Comme traces de mes réflexions entre Beuys et les psychographies de Kubin ou entre l’informe et la recherche actuelle d’un dessin de volume. Le procédé de bichromie que j’ai utilisé pour le livre permet d’ailleurs de travailler dans un second temps en se disant au besoin « Mais quel est l’imbécile qui a fait ce dessin » et d’amener ainsi ce dessin à un stade de finition plus grand sans que cela soit « On va mettre au propre » mais «Comment poursuivre la construction avec des masses et des aplats de couleur».

La veine « livre pour enfants » dont se revendique Clair Soleil est à comprendre elle aussi comme une mise en forme et une mise en histoire, que j’ai voulues premières par rapport à une intenable posture «art contemporain ». En testant le livre, le feed back « je ne comprends pas » ne fut pas une gloire mais un échec et au pire une donnée statistique. Il s’agit donc à tout le moins d’une variation sur le thème de la nuit et ses peurs.

Il y avait aussi la question de que faire avec ces études de lettres. Commencer par écrire un texte qui est mauvais parce que précieux ou très focalisé sur l’expression curieuse, qu’on dirait mallarméenne. Et puis se dire qu’au plus simple et au plus proche de l’émotion c’est mieux. De la même manière que les dessins devaient être dessinés complètement absorbé dans l’action de dessiner, au point qu’on ne voie plus le crayon ni la feuille mais uniquement l’image. De même le texte ne voulait s’embarrasser d’effets de style, de trop de phrases « agrammaticales » ; le texte devait se lire non en voyant de belles phrases mais en voyant « en tête » la chose décrite. Certains reliquats lettrés sont finalement intégrés dans mon texte à moi. Il y a en effet deux citations, une du Cornet à dés de Max jacob et une de Rimbaud, qui sous-tendent la séquence de rêve mais n’apparaissant plus comme deux ready mades (comme c’était le cas dans la première version de cette séquence exposée au Théâtre Poème (Bruxelles) dans le cadre du Centenaire Rimbaud en octobre 2004). Ces citations sont introduites dans le récit comme « ponts », en ce sens qu’en musique on parle de ponts comme d’éléments C qui viennent perturber une structure A, B, A, B, …

Olivier Spinewine
 
Une journée qui est une somme de toutes les journées d'enfant à la mer