PAR LA CINQUIÈME COUCHE
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Ce "mini précis de bande dessinée" est l'adaptation libre et lisible d'un petit support écrit lacunaire et illisible quant à lui : le Mini précis de bande dessinée / La lecture du média bande dessinée. Ce fascicule in-octavo, qui fait les délices des collectionneurs aujourd'hui, reprenait les principaux points des cours donnés par les auteurs de La cinquième couche depuis 1993. Il nous a semblé intéressant de reprendre ici ledit texticule, non sans l'augmenter idoinement pour une compréhension aisée. C'est qu'en effet, l'écarquillement des bouches et la béance des yeux de nos étudiants en pédagogie, lettres, littératures, poésie, communication et, pour un jour au moins, bande dessinée, à qui ces cours étaient adressés voire même, tels des bons soins, prodigués, l'écarquillement et la béance des organes susdits, donc, nous ont montré à quel point notre petit média et ses possibilités sont méconnues, parfois de leurs auteurs mêmes (e.a. nous, incapable de répondre aux impertinentes questions de nos ouailles). Les paragraphes en retrait et composés dans un caractère plus petit, comme celui-ci, sont des examens plus détaillées et jargonants des notions simplifiées et vulgarisées à l'extrème dans le texte principal, écrit en grand (puisque ce cours s'adressait aussi bien à des élèves de l'enseignement fondamental qu'à des étudiants en communication). On n'est donc pas obligé de tout lire. On n'est jamais obligé. |
Magritte
| 1. LE SENS DE LECTURE | a. De gauche à droite |
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Un mouvement en avant devient un mouvement de fuite (en arrière), selon qu’on le lit de gauche à droite ou de droite à gauche (Hergé a dû corriger ses premières bande dessinée). Lorsqu'on traduit des bandes dessinées du japonais ou du sanskrit vers le français (par exemple), il ne faut pas seulement traduire le texte dans les bulles, mais il faut aussi tout adapter: elle sont entièrement remontées et les images sont inversées. La lisibilité est à ce prix. La bande dessinée se lit dans un certain ordre, imposé
par le sens de lecture. Elle doit être réalisée
selon cet ordre : de gauche à droite et de haut en bas pour les
langues occidentales, de droite à gauche et de haut en bas pour
les langues arabes et indiennes, de haut en bas et de droite à gauche pour les langues du Sud-Est asiatique. |
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La planche de Franquin est évidente. Une seule équipe pourra marquer des buts, elle a un triple avantage sur son adversaire: elle compte dans ses rangs Valentin Mollet, héros de cet épisode; ses équipiers sont vêtus de jaune tandis que l'équipe adverse joue en noir (la couleur du mal); mais surtout, et cette dernière raison suffirait à elle seule: elle joue vers la droite, dans le sens de la lecture, un avantage indiscutable. |
| b. De Haut en bas |
| L’ascension d’un escalier est extrêmement
délicate pour le héros de bande dessinée puisque,
en vertu du sens de lecture, il aura beau monter, il sera toujours plus
bas sur la planche (ce qui fait de la bande dessinée le médium
idéal pour adapter le Sysiphe de Camus (par exemple)). L’auteur
pallie généralement à cette difficulté en
recourant à de longues vignettes verticales placées sur
le même niveau. ex. Mc Cay. |
| 2. LE RAPPORT TEXTE-IMAGE | a. Complémentarité texte / image |
| Habituellement, l’image et le texte sont complémentaires : ce qui n’est pas dit est montré et vice-versa. Cette indisociabilité confère en partie sa spécificité à la bande dessinée, ce qui la distingue de la peinture ou de la littérature, comme ne le montrent pas les images suivantes. |
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René Magritte "fruit, nuage, horizon, fauteuil,
cheval"
| Ex. : Francis Masse, "Oh, c'est une longue histoire, je ne rentrerai pas dans les détails maintenant... Ca date de l'époque de la disparition de cette fameuse pelle mécanique dont je vous parlais... Voyant l'anéantissement prochain de la totalité de l'espèce mécanique et d'outillage, un de ses derniers représentants, un certain outil de maçonnerie, d'origine triviale et douteuse, mais à l'esprit machiavélique, s'était fait passer, en jouant sur une homonymie, pour un éminent macro-rhyno-épistémologue de l'époque. Aussi, fort de la caution scientifique acquise grâce à cette imposture, il esbrouffa toute la communauté scientifique en faisant miroiter qu'il avait trouvé le moyen de ressusciter l'espèce mécanique. Exploitant à fond toutes les arcanes de son manège frauduleux, il a floué en un rien de temps une armée de gogos prêts à gober la première mouche ovnièsque, s'est fait une fortune colossale et a disparu aussi vite qu'il était apparu... Mais un mystère plane toujours depuis.. Il était extrèmement habile dans l'art de la fraude et nous n'avons jamais pu réussir à percer par quels tours de passe-passe il réussissait à berner son public... Incontestablement, c'était un prestidigitateur et un escroc de génie..." |
| b. Redondance texte / image |
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Le texte imite l’image, ou est-ce l'inverse? L’action est exprimée une première fois sous une forme graphique, une seconde fois sous une forme littéraire. On peut parler de pléonasme. Il s’agit souvent d’”ancrer” la signification de l’image, autrement polysémique. ex. Jacobs. :"Et sans donner le temps à son adversaire de se mettre en garde, Sharkey lui décoche un formidable crochet. Mais Mortimer esquive le coup..." "Attrape-ça!!!" "...et riposte par un fulgurant uppercut du droit..." "Ohw!!.." "...qui culbute Sharkey..." "...et l'envoie rouler les quatre fers en l'air, au fond de la tranchée..." |
On a coutume de justifier le caractère éminemment redondant des (fastidieux) blocs textes de Jacobs en parlant de transposition stylistique, ou transposition de genre, du graphisme à la littérature, registres forcément inadéquats l'un à l'autre et donc forcements non redondants. Le texte évoquerait là où l'image montrerait, et réciproquement. Jacobs fournirait lui-même rien moins que l'adaptation littéraire de son propre récit en bande dessinée, ou l'inverse. Deux pour le prix d'un, en quelque sorte… On pourrait imaginer une bande dessinée où seraient superposés la version littéraire, l'image peinte ou dessinée, la photographie, le vers... autant de versions, de registres différents et non redondants pour un même "moment" narratif. On pourrait introduire ici une longue parenthèse sur les rôles respectifs de l'image et du texte. Nous parlerons simplement de leur caractère plus ou moins mimétiques, en insistant sur le fait que ce n'est pas forcément l'image qui ressemble le plus à ce dont elle parle (tandis que le texte ne ferait — ne pourrait — que l'évoquer) contrairement à ce que notre intuition pourrait nous dire. Un texte peut ressembler à ce qu'il décrit, voireêtre ce qu'il décrit, sans même parler de métalangage. C'est même là sa littérarité, son style, sa corporéité et toutes ces sortes de choses, outre qu'un texte ne décrit pas forcément quelque chose. Il peut l'être, la chose. Et le dessin peut évoquer, voguer entre abstraction, signification et ressemblance… en figurant ou décrivant à peine. (Pour y voir plus clair, voir "Comment lire une bande dessinée" de Scott Mc Cloud, éd. Vertige Graphique, Paris, 1999) Tout ceci est connu. Eh bien, en bande dessinée, l'image et le texte n'arrêtent pas de mélanger et d'échanger leurs fonctions, leurs rôles, leurs idées et des autocollants panninis. C'est pourquoi on ne définira pas leurs rôles respectifs: parce que c'est impossible. |
| c. Décalage texte / image |
| Tenant compte de la règle de complémentarité, l'auteur joue sur le décalage du texte et de l'image, de manière ironique lorsque le texte contredit l'image: le texte n'est redondant qu'en apparence et introduit un doute dans l'interprétation du récit. Il fait l'inverse de ce à quoi on le destinait : au lieu d'assurer l'univocité, il introduit l'équivocité. On appelle communément cette héroïque et acrobatique figure de style le "second degré" (il ne s'agit bien sûr que d'une des formes du second degré qui en revêt bien d'autres, tout aussi seillantes. A cet égard, on lira avantageusement le "Traité de physiologie illustré de vingt-sept magnifiques planches anatomiques en chromographie" du Dr Seindler, en particulier le chapitre trois, sur l'obstétrique masculine). Elle requiert néanmoins pas mal de virtuosité, surtout lors de la réception. |
ex:
Loustal
| "C'est Ines qui revient d'une partie de tennis, quelques gouttes de sueur au dessus de sa bouche. "Tiens, tiens, monsieur Tom est parmi nous." Il s'incline, montre du doigt les espadrilles maculées de poussière ocre. "Je ne saurais dire ce qui me fait le plus plaisir : que vous n'ayez pas oublié mon nom ou que vos souffrances aient pris fin." Les yeux gris effleurent son torse quand elle passe devant lui pour entrer dans le vestiaire. Plus tard, après qu'il ait affronté tous les garçons à la nage et au ping-pong. Quand les ombres des cyprès commencent à s'allonger sur le gravier, il prennent un dernier bain. Les filles barbotent autour de Tom." |
| d. Autonomie texte / image |
| Le texte et l'image sont entièrement dissociés, indépendants l'un de l'autre, chacun d'eux étant le support d'une trame narrative. |
ex.
: "Empanadas", Rocour.
| Les rôles respectifs du texte et de l'image (on ne se contredit pas, on veut parler de la plasticité du dessin et de la sémanticité et de la scripturalité du texte, pas de description ou d'évocation… ) peuvent également être inversés : dans les onomatopées, où le texte devient image (ex: Muñoz), quand l'image devient écriture (ex: Tuffo - Muñoz). |



| 3. LA SEQUENCE | Règle de base |
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La séquence est une suite d'images articulées. Par analogie
(douteuse), on dira que si la bande dessinée est une grammaire,
l'image en est le mot et la séquence en est la phrase.
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Rocour
| a. Fluidité |
On s'efforce de rendre la lecture aisée, sans accroc. On peut suivre un personnage dans un déplacement régulier, d'un espace vers un autre, en passant par tous les espaces intermédiaires (de l'appartement à la rue, en passant par le vestiaire, la porte, le pallier, l'escalier, le corridor, la porte... Si on opère par ellipse —voir point 4— et qu'on ne représente pas ce long déplacement, on signale généralement dans le texte l'intention qu'a le personnage de sortir). Ces images servent à assurer une linéarité à la séquence, qui serait sinon discontinue. On peut parler d’”images-fonctions”, dans la mesure ou elles servent davantage à assurer la fluidité du récit, à passer d’une vignette à l’autre, à faire un ”bon raccord”, qu’à produire du sens. La bande dessinée classique est truffée de ce type d'image-raccord.
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| b. Rupture |
| L'auteur brise sciemment la fluidité, rompt la continuité de la séquence. Un élément infime assure le lien séquentiel (ex. une bulle, une texture, une couleur, un motif). |
ex: Teulé
| c. Immobilité |
| Hyper-fluidité de la séquence. Il n'y a plus de variation de l'espace. La séquence retrace l'action d'un personnage dans un même espace (panoramique), divisé artificiellement en cases. Le temps varie dans un espace immobile. |
ex: Mc Cay.
| 4.
L'ESPACE INTERICONIQUE
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a.
Le temps a1. Durée fixe a2. Durée variable a2.1. Ellipse a2.2. Parenthèse a2.3. Simultanéité |
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L'espace intericonique est ce qui sépare deux images, ce qu'il y a entre les images. Il est à la fois un saut dans l'espace et un saut dans le temps. La gestion de cet “espace” et de cette double rupture induit la vitesse, le rythme, la durée de la séquence (vitesse = espace / temps). a. Le temps Le temps de l'espace intericonique est la durée du récit.
Elle n'est pas montrée, mais “dissimulée” entre les images
qu'elle sépare. La durée de la bande dessinée est
insinuée. a1. Durée fixe |
ex
: Magritte
| Bien souvent et paradoxalement, plus une action est découpée par l'espace intericonique (plus la fréquence de l'espace intericonique est élevée dans le temps du récit, plus une durée diégétique courte s'étend au long des cases et des planches au lieu d'être ramassée en deux ou trois images), plus le rythme du récit paraît soutenu et sa vitesse de "déroulement" paraît lente. L'effet est stroboscopique: les images sont prises à intervalles de temps régulier et à un rythme soutenu (comme dans une chronophotographie de Marey), la lecture induite par de telles vignettes est très rapide: l'œil survole littéralement la planche et les pages sont tournées rapidement. Au contraire, quand l'espace intericonique marque de grands bonds dans le temps, le rythme de la lecture est lent et la vitesse du récit élevée. |
Ex : Henne

ex: Breccia (Corazon Delator)
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En littérature, qu'on ajoute des mots et on
ajoute du temps (le mot est temps). Au cinéma, qu'on ajoute des
images et on ajoute du temps (puisque l'image est temps). La musique
est temps et rythme tout entière. L'auteur de bande dessinée
a peu de prise sur la durée de la lecture, donc sur la perception
de la durée du récit par le lecteur, ce dernier tournant
les pages à sa guise, choisissant de lire ou de ne pas lire,
de s'attarder à la contemplation d'une image ou pas…
Dans ces deux derniers cas [soit l'on brouille l'information dans des informations parasites, on la perd dans une confusion de traits, d'objets, de motifs (cf. Altan, Konture, Löwenthal…), soit l'on brouille la représentation dans des effets picturaux, des flous... (cf. Mattotti, Ricci, Fortemps, Poot…)] l'image cesse de fonctionner comme un signal. Le style de l'image, qui se répercute évidemment sur la narration, est éminemment producteur de sens, mais l'information qu'elle contient n'est absolument pas quantifiable, pas même maîtrisable. a2. Durée variable (a2.1) Ellipse |

e
ex:
Floch' & Giardino
ex: Deprez
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Dans son chef-d'œuvre “Les Nébulaires”, Denis Deprez accumule
les strates narratives et les ruptures formelles, stylistiques, temporelles...
La double planche 17-18 est emblématique, à cet égard.
La disposition des cases rend la lecture hésitante: doit on lire
de gauche à droite, à travers la pliure du livre, ou de
haut en bas? L'ambigüité n'est pas levée mais ne
compromet pas l'intelligibilité du récit. De toute manière,
ce type de planche appelle plusieurs lectures. Il se passe plus ou moins
de temps (dans la lecture et dans le récit) suivant qu'on
lise “y” juste après “x” ou qu'on lise x-z-y. Le choix (l'hésitation)
a donc une incidence sur la durée du récit. (a2.2) Parenthèse |
ex: Vandersteen.
| Dans cet exemple, il est évident que
le personnage aux tempes ceintes de laurier n'a pas le temps de placer
sa sentence moralisatrice pendant la course hyperbolique de l'épée.
(a2.3) Simultanéité (t=0) le temps subit une forme d'arrêt ou il se contracte. L'espace intericonique n’indique pas un saut dans le temps mais, au contraire, une simultanéité d'événements. Chaque fois que le rapport établi par l'auteur entre les images n'est pas de durée, mais d'analogie, de comparaison, de confrontation... il y a simultanéité, évidemment. A tout le moins "co-présence" dans l'espace de la planche ou de la double planche, sans solution de continuité temporelle. Mais il n'y a pas forcément, dans ces cas, de déplacement dans l'espace (du récit). Le récit n'est livré ni au temps, ni à l'espace (au mouvement). Il est figé. Ces figures peuvent trouver leur équivalent littéraire dans l'énumération. Cf. Bazooka. |
ex: Mattoti
| b.
L'espace b1. Espace étendu b2. Espace réduit |
| L'espace intericonique est le lien virtuel qui sépare l'espace de l'image a de l'espace de l'image b. |
ex:
Tillieux
| b1. Espace étendu (ou chargé):
Le déplacement dans l'espace est très grand (du personnage dans son salon au personnage à l'arrêt du bus). L'espace intermédiaire n'est pas montré. S'il y a rupture dans la continuité, il s'agit d'une ellipse: comme en général il faut un certain temps pour parcourir une distance, cet espace est aussi une durée plus longue. Si le rythme de la séquence est absolument régulier (d’une image à l’autre, le même temps s’écoule), alors la rupture est uniquement spatiale et il s’agit, dans la perception forcément subjective et éminemment manipulable, d’une accélération. |
ex:
Raúl
| b2. Espace réduit (ou allégé):
D'une image à l'autre, le déplacement dans l'espace est nul ou très petit (du personnage dans son bain au personnage qui sort de son bain). Si l'espace, d'une image à l'autre, est fixe, le récit est entièrement livré au temps (e=0). |

ex: Mc Cay.
| 5.
L'ESPACE TRANSVERSAL
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1°
linéaire 2° tabulaire 3° transversal |
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Une planche de bande dessinée contient trois modes de lecture. 1° linéaire: 2° tabulaire: |
Ex:
Ricci
Ex : Jacobs
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3° transversale: C'est ce troisième mode de lecture que nous abordons ici. |
| I.
Chaque case possède son propre cadrage Ce qui est caché, ce qui est montré a. Le hors-champ |
| Le cadrage présuppose un choix de l'auteur,
qui resserre dans l'espace disponible tout ce qui intéresse le
récit à ce moment là. Ce qui n'est pas montré
est "en coulisse" mais existe pourtant, virtuellement (e.a. dans La Marque
Jaune, le méchant Olrik continue d'être là, prêt
à surgir, sans être montré, ce qui accentue la tension,
le suspens. Le lecteur laisse libre cours à ses fantasmes : il
sait le bandit capable de tout. L'utilisation du hors-champs autorise
la lecture la plus personnelle). Un gros plan peut servir à fixer
l'attention du lecteur sur un élément dramatique, mais aussi
à cacher se qui se passe derrière ou à côté
de lui. En bande dessinée, le hors champ, ne peut exister que dans la durée du récit ou dans la séquence, jamais dans une seule image prise isolément, comme au cinéma ou en photographie. Ceci tient à la nature de ces images et aux liens plus ou moins étroits qu'elles entretiennent avec la réalité, ce qui est représenté. C'est que le cinéaste ou le cadreur opèrent un choix dans la réalité des objets, du décor, des personnages qui se trouvent réellement devant l'objectif de la caméra. Le dessinateur fait rentrer tout ce qu'il veut, autant qu'il veut, dans l'espace de l'image qu'il a lui-même défini. Ce qui est représenté n'a peut être jamais existé réellement, même sous forme de maquette. L'imagerie virtuelle tend à supprimer cette nuance, aujourd'hui: on représente en effet ce qu'on veut, tout ce qu'on veut, en photographie et en cinéma comme en peinture ou en dessin. |
ex : Mattotti
| I.
Chaque case possède son propre cadrage Ce qui est caché, ce qui est montré b. Le champ-contrechamp |
| C'est le principe du "voyant-vu". Il nous montre
ce qu'un personnage regarde et que nous ne pouvions pas voir. Exemple:
un personnage, à l'avant-plan, regarde par la fenêtre. Le
cadrage ne nous permet pas de "regarder par dessus son épaule",
ce qu'il voit nous est dérobé par le chambranle de la fenêtre.
Dans la case suivante, nous voyons ce qu'il regarde mais, pour ôter
toute équivoque, afin que nous soyons bien sûr que c'est
bien là ce qu'il regarde, nous le voyons aussi, dans le fond de
l'image, en train de regarder. Il est impossible, à moins d'avoir recours au "point de vue subjectif", avec toutes les limites que présente cet artifice, d'observer une scène en ayant rigoureusement le point de vue du personnage. |
ex
: Giardino
Ex. : Munoz
ex. : Poot
| II. Chaque case possède ses propres plans (couches de profondeur) |
| On peut ramener tous les plans sur un seul, ou les étendre à l'infini : plan moyen, large, plus large, ... Avant-plan, plan moyen, arrière-plan,... |
Masson|
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II.
Chaque case possède ses propres plans (couches de profondeur)
1. Règles classiques |
| Usuellement, l'arrière-plan est celui du décor, qui situe l'action dans l'espace, le plan moyen celui dans lequel on place l'ensemble de l'information (les protagonistes, ...) et l'avant-plan celui qui montre l'action principale, un élément dramatique important. L'avant-plan est aussi un artifice de la composition qui resserre l'image d'un côté ou de l'autre de la case (cf. le rôle du voile, du rideau, dans la peinture classique). |
ex. : Henne
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II.
Chaque case possède ses propres plans (couches de profondeur)
2. Contre-exemples |
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a) Parasitage Certains auteurs s'appliquent à ramasser tous les plans sur
un seul et à perdre la bulle de dialogue dans un fourmillement
d'informations parasites ( tee-shirt, néons, enseignes, pub...)
Ils confèrent ainsi à l'information ”secondaire” une importance
prépondérante. Celle-ci peut provoquer des interférences
avec l’action principale, voire détourner le récit.
b) Transgression hiérarchique Tout en respectant les règles de la séquence, certains auteurs interposent les plans, amenant l'information principale vers l'arrière-plan, pour placer à l'avant-plan une information secondaire volontairement contradictoire ou présentant un lien métaphorique avec l'action.
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| 6. L'ESPACE DANS LE RECIT | a. L'espace-repère |
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L'espace n'est pas seulement un repère séquentiel, dans
le récit. Il peut être mimétique (ressemblant) à
la réalité, ou non. Il peut être simplement autre.
Lorsqu'il est mimétique, et c'est généralement
le cas dans les récits "réalistes" ou "historiques", il
est l'indicateur du lieu et de l'époque du récit. Dans
tous les cas, il conditionne en partie l'atmosphère, la couleur,
la sonorité du récit.
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| b. L'espace-allégorie |
| L'auteur développe un espace apparemment libre de tout rapport avec le nôtre, un espace qui à sa cohérence, un espace autonome. L'espace du récit peut être allégorique : dans "L'Incal", de Mœbius et Jodorowsky, l'univers décrit est une immense métaphore sociale et cosmique. Ce qui fait sens, l'intention des auteur, est l'espace lui-même. |
ex:
Mœbius
| c. L'espace-actant |
| L'espace produit le récit. Il est indissociable du récit. Il n'est pas seulement le réceptacle, le lieu du récit, mais il le génère. Le récit produit est inconcevable indépendamment de cet espace. Dans ce type de récit, le personnage se perd dans l'arrière-plan de cases gigantesques occupées par une architecture imposante. L'architecture n'est plus un décor, mais l'information de premier plan, le personnage principal. C'est souvent le cas dans les travaux de François Schuiten et Benoît Peeters, qui montrent des univers en élaboration dont les développements conditionnent les vies des personnages, en particulier dans “Les Murailles de Samaris” qui montre une ville, semblable à celle des “Gommes” d'Alain Robbe-Grillet, dont le rues et les façades mouvantes font un labyrinthe métaphysique qui n'existe que pour égarer le protagoniste; dans "La Fièvre d'Urbicande", où tout la ville devient un réseau cubique qui modifie tous les comportements; dans “La Tour” où l'univers est une chimérique tour de Babel en construction, où l'univers est le sens de tout; dans “Brüsel"” où Bruxelles est Bruxelles, mouvante et façadique, pleine d'architectes et d'urbanistes "visionnaires" feignant de maîtriser une ville qui leur échappe... (cf. en littérature, le tribunal dans “Le Procès”, “le Terrier” de Kafka et bien sûr, "le Mythe de la Caverne", dans “La République”, de Platon). |

ex: "La Tour", "La Fièvre d'Urbicande" de François Schuiten et Benoît Peeters.
| 7. TABULARITE |
| (Voir 5, 2°)
Lecture de la planche dans son ensemble, composition de la page. La planche de bande dessinée se présente comme une grille, une table de classification ou tout serait ordonné selon un ordre narratif, qui n'est pas sans rapport avec la chronologie, mais qui n'est certes pas exclusivement déterminé par elle. La double planche de bande dessinée est aussi une unité spatiale. Elle forme donc un tout plastique. Un récit, ou un bout de récit, y est conté. Une durée s'y déroule donc, de case en case: la durée du récit. Dans le même mouvement, une pluralité spatiale diégétique est déployée: l'(les) espace(s) du récit. Le récit se lit. La durée et l'espace diégétique son perçus diachroniquement, case après case, au fil de la lecture, tandis que l'œil perçoit synchroniquement l'espace réel de la double page. C'est ce paradoxe qu'on résout (ou ne résout pas) en gérant la tabularité. |
ex.
: Torrès
| a. Lignes de forces |
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L'œil suit un parcours de case en case, à travers l'espace intericonique, à travers l'espace de la page divisé en cases et strips. On gère l'espace plastique de la planche, son équilibre formel, son harmonie, comme s'il s'agissait d'une image ou d'un tableau unique. |
ex : Mattoti
ex.
: Löwenthal
| b. Pont optique |
| Pour assurer la lecture, on veille généralement à ce qu’un élément au moins soit commun à deux vignettes successives. Il s’agit le plus souvent d’un personnage ou d’un élément de décor. Un motif, une ligne ou une couleur peuvent suffire. L'œil est attiré d'une image à l'autre par la résurgence de l’élément commun. |
ex : Mattotti.
| c. Le all-over |
| L'œil circule partout, sans pouvoir se fixer,
sans qu'un élément prépondérant, sans qu'une
hiérarchie interrompe sa course. L'effet est produit par une unité,
une isomorphie de la surface, due à son recouvrement par un même
motif, une même couleur, un quadrillage systématique, ... |
ex : Löwenthal 
| 8.
LE GRAPHISME
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a.
Technique a.1.Le bleu de coloriage: - redondant - autonome a.2. La couleur directe |
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a. Technique Le coloriage peut être |
| - autonome: la couleur est libre par rapport au noir, puisqu'il n'est pas nécessaire que la couleur ait le même usage que le trait. Cette technique du décalage est très employée en sérigraphie. |
ex: Masson
|
a.2. La couleur directe :
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| 8. LE GRAPHISME | b.
Le style Eléments de textonique |
| On a pu observer, en bande dessinée comme
partout, l'émergence de styles graphiques et narratifs qui sont
autant de conventions formelles, que les tenants du Nouveau rangent volontiers
parmi les tics, paresses et autres idées reçues. Il y a
de grandes catégories stylistiques. Nous voulons dire qu'il est
souvent possible de "ranger" les auteurs ou les séries en fonction
du style adopté, même lorsqu'il ne s'agit pas de pastiche
(le pastiche est alors involontaire). Statistiquement (source Inserm, Ogi), on a pu observer que les travaux des meilleurs auteurs échappent souvent à ces classements, ou initient fièrement, tels d'impérieux pionniers auxquels une stèle sera consacrée, une voie nouvelle sur le pic de la narration graphique, constituant par la même une nouvelle catégorie stylistiques qu'emprunteront de moins vaillant chevaliers narratifs, accompagnés de guides et sherpas plus rompus à la rude discipline que requiert la conquête narrative. On lira avantageusement à ce propos les chapitres trois et vingt-quatre du chef-d'œuvre d'Amédée-Sysiphe de Frison-Roche, “Demi de mêlée”. Nous ne parlerons ici, succinctement, que des codes graphiques, tels que la ligne claire (synthétique), le style "gros-nez" (comique), le "réalisme" documentaire (historique), ... |
|
Eléments de textonique
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| 9. CONSTRUCTION DU RECIT |
| La plupart des grands auteurs ont leurs propres techniques pour construire le récit. Nous en décrirons quelques uns caractéristiques. |
| a. Récit linéaire |
| Les événements se succèdent les uns aux autres, suivant un ordre chronologique linéaire. |
| b. Récit en trames |
|
Le récit se développe sur plusieurs niveaux qui sont indépendants ou qui se répondent les uns les autres, ou qui se croisent régulièrement. (Le flash-back ou le récit dans le récit, qui interrompent son cours linéaire, sont des trames narratives secondaires.) |
| c. Récit en touches |
| Mosaïque de fragments de récit,
apparemment sans liens entre eux. Séparés, ils ont l'apparence
d'anecdotes dépourvues de significations, mis bout à bout,
une cohérence se fait jour et ils forment le récit. ex: Loustal Quant aux techniques d'écritures, nous diront simplement qu'elles ne sont guère différentes qu'en littérature ou en cinéma (encore qu'une part moins grande peut être laissée à l'improvisation dans ce dernier genre). Le récit peut être savamment construit, selon des règles narratives strictes ou improvisé, au fil de la plume et des humeurs de l'auteur. On part en général d'un concept narratif, d'un thème, d'une idée qu'on élabore classiquement dans une histoire à raconter, un synopsis, qu'on développe, augmente, amende... dans un scénario plus détaillé appelé "découpage", qui peut être écrit ou dessiné, généralement les deux. Mais ce n'est pas une règle. C'est comme on veut. |
| 10. LE FOND |
| Chaque récit véhicule son propre contenu. Il n'appartient à personne de remettre en cause les choix, les intentions de l'auteur. Cependant, nous pouvons observer dans quelle mesure le contenant tient compte du contenu. |
| a. Alliage forme-contenu |
|
Si les thèmes véhiculés par la bande dessinée
s'accordent fréquemment avec des genres bien connus et déjà
délimités (ceux du sitcom de base, de la série
télévisée), certains auteurs développent
un contenu trop personnel pour entrer dans une structure existante et
un style établi (cf.supra, point 8b, "Le style"). Il importe
pour eux de les transformer. Ce n'est pas leur intention qui doit être
transformée pour entrer de force dans le moule, mais le moule
qui doit être repoussé pour accueillir le contenu. ex: Poot Certains auteurs introduisent délibérément des décalages entre la forme et le contenu. |
| b. Fond > forme |
| En général, l'auteur cherche l'adéquation
la plus étroite entre le fond et la forme. La forme ne fait pas
qu'imiter le fond, puisqu'elle le produit (et réciproquement),
dans une surenchère expressive. Mais il arrive que la forme soit
neutralisée (si tant est qu'une forme neutre puisse exister, cf.
"you cannot not communicate") au profit de la narration. La bande dessinée
est alors davantage un art narratif ou dramatique, comme la littérature.
C'est souvent le cas dans les récits en "ligne claire". Dans "La
Comète de Carthage", de Yann et Chaland, ou dans "Les Sept Boules
de Cristal" de Hergé, par exemple,il n'y a aucun excès d'expressivité,
aucun pathos dans le style graphique ou la mise en page employés
(ligne claire et "gaufrier", cadres rectangulaires simples…) mais tout
conserve une très grande efficacité dramatique. Tout est
dévolu au système narratif, aux éléments sémantiques
disposés tout au long du récit (la tempête, l'étrange…),
et moins à la forme. Ceci ne signifie pas qu'elle serait négligée.
Les systèmes graphiques développés par Hergé
et Chaland sont d'une grande rigueur et quelque fois d'une grande inventivité
(et d'une grande beauté) dont la fin est moins l'expressivité
que la clarté. Dans les récits de ce type, la forme devient un support presque transparent. L'auteur, peu soucieux de coller à un genre ou à un autre, peu soucieux d'innover ou de développer un graphisme personnel, soumet tout au contenu. Le récit, c'est le contenu. Il ne vaut pas pour lui-même, mais seulement en tant qu'il véhicule ce contenu. Ce principe est souvent de mise dans la bande dessinée engagée ou autobiographique. |
ex : Menu
| Le graphisme employé, très adéquat au propos, rappelle certes une certaine imagerie de la période de guerre et les dessins de camp au charbon, mais l’auteur s’en tient à cette technique tout au long du récit, sans varier, sans rien ajouter, dans la mise en page ou la technique, au pathos, au caractère déjà terriblement poignant du contenu. |
Ex. : Klacokar
| c. Forme > fond |
| La forme génère le contenu. Ce qui est dit n'est que le prétexte à développer une forme originale ou expressive par elle-même. On peut quelques fois parler, dans ce cas, d'exercice de style. La bande dessinée est alors davantage un art plastique ou formel, comme la peinture. Dans ce type d'expériences formelles, il n'est pas rare de voir surgir de nouvelles formes de récit, efficace à produire du sens de façon originale (cf. Mallarmé, Quenaud... qui sont pourtant bien écrivains...) |
ex: Varenne
| 11. CONCLUSION | |
| Ce texte ne prétend nullement à
l’exhaustivité et on renverra volontier le lecteur à une
bibliographie fournie ci-après pour un plus ample informé,
comme on dit dans les pensa des administrations. Surtout, le lecteur curieux,
inventif et présentatnt quelques capacités d’émerveillement
lira avec avantage « Oubapo, Oupus 1 » et les suivants qui
ne manqueront pas de suivre. C’est paru à l’Association et, au
moins pour un auteur, c’est une véritable incitation. Il y a aussi
« Atlas de la Littérature potentielle » et «
OuLiPo » qui ont été publiés chez Folio, on
aurait donc honte de les méconnaître. La bande dessinée, c'est un peu comme du théâtre qu'on ferait avec du papier. Art plastique, narratif, littéraire... Dramatique, quoi. |
| 12. LEXIQUE | |
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MIMETISME : imitation, répétition, reproduction rigoureuse (du réel). ONOMATOPEE : Mot dont la prononciation rappelle le son produit par l'être ou la chose qu'il dénote. "glouglou ", "pan ". SEQUENCE : partie, durée et espace de récit. L’équivalent d’une « scène », au théâtre ou d’un paragraphe, en littérature. ESPACE INTERICONIQUE : espace généralement blanc entre les images (espace/temps) CHAMP : l’ensemble des éléments cadrés dans l'image. HORS-CHAMP : l'ensemble des éléments qui ne sont pas cadrés dans l'image ou montrés dans la séquence mais qui leurs sont néanmoins sous-jacents. CONTRECHAMP : l'ensemble des éléments dévoilés dans le cadrage suivant celui, précédent, qui les sous-entendait. PLAN : chaque plan est une couche de l'image. TRAME : chaque couche de l'histoire est une trame. ELLIPSE : saut dans le temps ou l'espace du récit, rupture avec la linéarité de celui-ci. Cf.« espace intericonique ». |
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| 13. BIBLIOGRAPHIE & LIENS | |
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"BANDE DESSINÉE ET CULTURES, Évelyne Sullerot, 1966, Opera Mundi. "BANDE DESSINÉE ET FIGURATION NARRATIVE", Collectif, 1967, Musée des Arts Décoratifs - Palais du Louvre. "LE LANGAGE DE L'IMAGE", Anne-Marie Thibault-Laulan, 1971, Éditions Universitaire. "POUR UN 9ème ART", Francis Lacassin, 1971, 10/18. "LA BANDE DESSINÉE, ESSAI D'ANALYSE SÉMIOTIQUE", Pierre Fresnault-Deruelle, 1972, Hachette. "LA BANDE DESSINÉE ET SON DISCOURS", Revue Communications, 1976, Seuil. "LA CHAMBRE À BULLE", Pierre Fresnault-Deruelle, 1977,10/18. "RÉCITS ET DISCOURS PAR LA BANDE ",Pierre Fresnault-Deruelle, 1977, Hachette. "LES SPECTRES DE LA BANDE", Alain Rey, 1978, Minuit. "AVANIES ET MASCARADES", Bruno Lecigne, 1981, Futuropolis. "BANDE DESSINÉE CHINOISE", Université de Paris VIII, 1982, Centre Georges Pompidou. "LA BD CRITIQUE LATINO-AMÉRICAINE (IDÉOLOGIE ET INTERTEXTUALITÉ), Maria Perez-Yglesias & Mario Zeledon-Cambronero, 1982, Cabay. "FLASHES SUR LE COMIQUE D'IMAGES DANS LE FILM ET DANS LA BD", Collectif, 1983, Cabay. "FAC-SIMILE", Bruno Lecigne & Jean-Pierre Tamine, 1983, Futuropolois. "LA BANDE DESSINÉE À L' UNIVERSITÉ... ET AILLEURS : ÉTUDES SÉMIOTIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES", Jean-Louis Tilleul, 1984, LLN. "AUTOUR DE LA BD", Collectif, 1985, Lebeer-Hossmann-Palais des Beaux-Arts. "LA BANDE DESSINÉE DEPUIS 1975", Thierry Groensteen, 1985, MA éditions. "LA BANDE DESSINÉE", Anne Baron Carvais, 1985, PUF. "CONTREVERSE", revue numéros 1 à 4, 1985-1986, Futuropolis. "LE MYSTÈRE DE LA CASE VIDE", Luc Dellisse, 1986, Éditions Nocturnes. "POUR ANALYSER LA BANDE DESSINÉE", Jean-Louis Tilleul, 1987, LLN. "LES CAHIERS DE LA BANDE DESSINÉE", revue numéros 56 à 83, 1984-1988, Glénat. "BANDE DESSINÉE, RÉCIT ET MODERNITÉ", Colloque de Cerisy, 1988, Futuropolis. "SÉMIOLOGIE DU RÉCIT EN IMAGES", Alain Berghala, 1988, LFEEP. " LA BANDE DESSINÉE", Revue Europe, 1989. "HERGÉ ÉCRIVAIN", Jan Baetens, 1989, Labor. "ON A MARCHÉ SUR LA TERRE", Pierre Masson, 1989, PUL. "LIRE LA BANDE DESSINÉE", Pierre Masson, 1990, PUL. "CINÉMA ET BANDE DESSINÉE", Revue Cinémaction, 1990, Corlet-Télérama. "LECTURES DE BANDE DESSINÉE", Jean-Louis Tilleul, 1991. "CASE, PLANCHE, RÉCIT", Benoît Peeters, 1991, Casterman. "L'UNIVERS DES MANGAS", Thierry Groensteen, 1991, Casterman. "POUR LIRE LA BANDE DESSINÉE", Arnaud de la Croix & Frank Andriat, 1992, De boeck-Duculot. "LE LANGAGE CINÉMATOGRAPHIQUE EN BANDE DESSINÉE", Manuel Kolp, 1992, Université de Bruxelles. "LA BANDE DESSINÉE", Benoît Peeters, 1993, Flammarion. "POUR UNE LECTURE MODERNE DE LA BANDE DESSINÉE", Jan Beaetens & Pascal Lefèvre, 1993, CBBD. "TÖPFFER, L'INVENTION DE LA BANDE DESSINÉE", Thierry Groensteen & Benoît Peeters, 1994, Hermann. "LA BANDE DESSINÉE, ART SÉQUENTIEL", Will Eisner, 1996, Vertige Graphic. "LE RÉCIT GRAPHIQUE", Will Eisner, 1998, Vertige Graphic. "LA TRANSÉCRITURE", Colloque de Cerisy, 1998, Nota Bene & CNBDI. "LA BANDE DESSINÉE EN FRANCE", Thierry Groensteen, 1998, CNBDI. "SYSTÈME DE LA BANDE DESSINÉE", Therry Groensteen, 1999, PUF. "L'ART INVISIBLE", Scott McCloud, 1999, Vertige Graphic. "REINVENTING COMICS", Scott McCloud, 2000, Paradox Press. "NEUVIÈME ART", revue, depuis 1996, CNBDI. "L'INDISPENSABLE", revue, depuis 1998, Boucaniers. "CRITIX", revue, depuis 1996, Bananas bd.
LIENS www.freon.org : site des éditions fréon, divers textes théoriques très pointus. www.bol.ocd.fr/html/bd.htm : site de la revue CRITIX. www.scottmccloud.com : site de l'auteur de "Understanding comics" et "Reinventing comics", Scott Mc Cloud. www.cnbdi.fr/thierryg/index.htm : site de Thierry Groensteen. http://www.sdv.fr/pages/adamantine/index.html : le site du critique Harry Morgan, plusieurs textes théoriques et polémiques, une bibliographie plus étendue sur les ouvrages consacrés à la BD ("Le petit critique illustré"). http://www.afaa.asso.fr/c-15/15--007-.htm : La bande dessinée francophone des années 60 à nos jours. http://gciment.free.fr/bd/index : le site du critique Gilles Ciment. http://pourpre.com/chroma/ : La couleur dans tous ses états. http://www.bnf.fr/pages/expos/bdavbd/index.htm : La bd avant la bd. |
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